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Découvrez Yelle dans une interview complètement folle

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Le groupe Yelle représenté par Julie Budet et DJ Grand Marnier est en activité depuis 2005 et s’est fait connaître pour leur style électro pop français inspiré des années 80 et des single aux paroles provocatrices telles que « Je Veux te voir » et « Parle à ma main ».

Nous les avons rencontrés pour parler de leur troisième album « Complètement Fou » sorti le 29 septembre 14. Rendez ce vendredi a 16H30 pour une séance de dédicace chez Maisonhate !

YelleCompletementFou

Pourquoi avoir choisi le titre « complètement fou » pour l’album ?
« Complètement fou » est un des morceaux de l’album. On avait plein d’idées au départ, mais on ne voulait pas faire comme pour Safari Disco Club, c’est-à-dire nommer l’album selon un des titres.  Puis, finalement au vu de l’histoire de l’album et de la chanson on s’est rendu compte que ce titre était le plus approprié. C’est un condensé qui raconte ce qu’on a vécu depuis 2005. Ca résume aussi bien notre expérience avec Dr Luke aux USA que notre aventure musicale depuis le début. C’est ce qui définit le mieux notre parcours quand on en parle entre nous.

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Tu abordes plusieurs sujets actuels sur cet album tels que la sexualité, les problèmes existentiels, la religion, est-ce une réflexion introspective, ou un regard sur le monde ?
Avant tout on écrit sans se poser de questions. On ne se bride pas. On n’essaye pas de savoir si c’est un sujet est actuel ou pas. Je pense que ce qu’on écrit est ancré dans notre génération et dans notre vie. On parle de ce qui nous touche au présent et c’est ce qui provoque cette envie de parler de ces sujets. On parle de sexe comme on le fait tous les jours avec nos amis ou en couple. C’est évident pour nous.

Tout cela est lié à notre vécu, ce qu’on ressent, notre vie de petit trentenaire français qui bascule entre la vie sulfureuse parisienne et les tournées, et une prise de recul sur notre situation ancrée dans notre Bretagne tranquille qui nous aide à faire le vide entre chaque tournée.

Est-ce que les événements actuels tels que les attentats auraient pu t’inspirer pour cet album « Complètement fou » ?
Peut-être. Je ne suis pas encore à l’aise pour aborder des sujets politiques frontalement, et je ne le serai certainement jamais. Mais par contre il est clair que je n’aurais pas fait une chanson « Je suis Charlie ». Je préfère utiliser des images pour parler de ces choses. On a beaucoup parlé de ces événements entre nous. D’autant plus que DJ Grand Marnier a vécu cet événement depuis les Etats-Unis et moi de France. Ce fut un vrai choc pour nous et évidemment cela pourrait nous inspirer.

En tant qu’artiste libre attachée à la liberté d’expression, comment as-tu perçu les choses ?
On m’a souvent reproché de trop parler de sexe dans nos chansons alors que je n’ai pas l’impression de dire des choses crues. Je n’ai pas non plus l’impression de dépasser les bornes ou d’être vulgaire et crue. Je ne me suis jamais fixée de limites. On ne s’est jamais dit « ça on va pas le dire ». Par exemple avec « Nuit de Baise 1 et 2 » on l’a mis car ça ponctue l’album, ça fait partie d’un tout. On ne s’est jamais bridé. Bien au contraire, ces événements m’ont renforcée dans ma façon de faire et de ne pas avoir peur des mots. Si l’idée est forte on ne s’autocensurera pas.

On est aussi fan des années 80 que toi,
Quels sont les artistes de cette époque avec lesquels tu aurais aimé collaborer ?
J’aurais adoré travailler avec Jacno. J’aime sa façon un peu folle d’emmener les morceaux vers un côté aussi bien psychédélique qu’expérimental.

Je suis aussi une grande fan de Chagrin d’Amour. J’aimerais faire un album avec eux. Je me sens proche de Valli. L’histoire de ces deux duos me parle aussi beaucoup. Je la trouve indissociable de leur musique. C’est plus fort que de la musique pour moi.

On a lu quelque part qu’entre toi et David Hasselhoff il y avait une petite histoire drôle, tu veux nous en parler ?
Tout a commencé en 2008 au festival de Coachella où on a pris une photo ensemble, et des années plus tard quand on a fait la première partie de Katy Perry il est venu dans notre loge pour nous dire qu’il aimait beaucoup notre musique. J’ai trouvé hyper cool que David Hasselhoff soit fan de nous. On l’a recroisé à Coachella l’année d’après et il était au premier rang de notre concert avec sa copine. David Hasselhoff nous suit de près et nous aime bien. Il est vraiment très sympa et veut toujours nous chanter la Marseillaise !

Peux-tu partager un de tes moments les plus improbables de tes tournées ?
C’était sur la tournée de Safari Disco Club à Austin. En arrivant dans notre loge on y trouve une fille en train de fumer une cigarette avec un mec. On lui demande si elle peut sortir fumer dehors, elle nous a répondu « pas de problème ». Puis en la voyant passer à côté de nous on se dit qu’elle ressemble beaucoup à Drew Barrymore. On se dit que c’est impossible. Un instant elle revient et effectivement c’était elle ! Elle s’est agenouillée pour nous dire qu’elle nous adore et naturellement je m’agenouille aussi car c’est aussi une actrice que j’admire ! C’est dommage que cet instant n’ait pas été immortalisé. Filmé, ce moment aurait été incroyable pour un documentaire.

Après la première partie de Katy Perry et le festival Coachella,  préfères-tu faire ton show sur une grosse scène comme Coachella ou sur une scène Française plus petite comme vendredi à Montpellier où les fans seront là en masse ?
J’aime vraiment les deux. C’est vraiment très impressionnant d’être dans une salle de 10 000 personnes. C’est une sensation géniale de voir autant de monde vibrer sur notre musique. Mais c’est vrai qu’il manque « ce petit truc en plus » qu’on retrouve dans les petites salles comme communiquer avec le public, capter les regards des gens et pouvoir discuter avec le public après le concert.

Quelle est la différence majeure entre cette tournée et les précédentes à ton avis ?
Je dirais que celle-ci est plus stable que précédemment. Il y a un changement par rapport à Safari Disco Club où le succès était plus critique et moins public. Là les dates qu’on fait sont pratiquement toutes complètes et grâce à notre nomination aux Victoires de la musique, le plus public est toujours au rendez-vous… cela qui nous fait très plaisir.

Pensez-vous qu’on peut vous inscrire dans le genre musical qu’est la french touch parmi des artistes comme Sébastien Tellier, Mr Oizo, Daft Punk ?
Ça fait évidemment très plaisir, on y est affilié. Je ne sais pas si c’est parce qu’on est français ou que l’on fait de l’electro qu’ on nous a catalogué comme ça. On a grandi avec la musique de Daft Punk, qu’on adore et c’est un réel honneur d’être comparé à eux et de faire partei de la même famille que Tellier ou Mr Oizo. Ce mouvement est fort partout. Je pense les américains nous classent dans la French Touch pour le côté dansant de notre musique.

En Collaborant avec Dr Luke (Katy Perry, Robin Thicke, Britney Spears) qui est un gros nom de la scène US, n’aviez-vous pas peur de dénaturer votre musique ?
Dr Luke n’ est pas là pour nous transformer. Il nous a contacté parce qu’il aimait notre musique et nous a proposé une collaboration. C’est une expérience incroyable où je pense que l’on s’est beaucoup apporté mutuellement. Il nous demandait notre avis et de son côté nous proposait des instrus, ou de travailler avec certains artistes. Il ne nous a rien imposé. Par exemple sur les 5 instrus qu’il nous a suggéré on n’ en a gardé qu’une.

Comment vous abordez votre énorme succès aux USA ?
On prend les choses sans pression, de manière simple, avec une réelle joie. Les bonnes choses arrivent les unes après les autres depuis 2005, et s’enchaînent parfaitement bien… on a beaucoup de chance. Et surtout, on essaie d’en profiter un maximum.

A votre avis, le fait de rester uniquement sur des paroles en français fait- il votre succès ou envisagez-vous dans le futur d’écrire vos textes en anglais pour le marché us pour leur transmettre les messages forts de vos chansons ?
On n’a pas du tout prévu d’écrire en anglais. Nos fans américains du début on toujours connu nos chansons en Français et certains comprennent quelques brides de mots très « clichés » de la langue française, et cela leur suffit. D’autres s’attachent plus à notre musique. Il y a plusieurs niveaux d’écoute. On a également créé une appli le Yelle Translator qui traduit le texte avec le téléphone.

Certains traduisent toutes nos paroles, d’autres ne sont là que pour la musique.
Le live nous a aussi beaucoup aidé à percer aux USA et je pense que pour eux chanter en Français est exotique.

Avec le recul d’environ 5 mois sur la sortie de l’album, quel bilan pouvez-vous en tirer ?
Nous sommes hyper contents. On est très heureux d’avoir été nominé aux Victoires de la musique.   On continue nos projets, les dates s’accumulent, le clip de Ba$$in va bientôt sortir. On retourne à Coachella encore cette année, cet été on va faire le tour des festivals, et pour finir on va tourner en  Amérique du Sud…

Si demain on vous laisse le choix de bosser avec un Américain sur votre prochain album ? et un featuring ? qui serait l’artiste choisi et pourquoi ?
Dev Hynes de Blood Orange : j’adore ce qu’il fait et j’aimerais bien qu’il produise quelques morceaux pour nous.

Quels sont tes prochains projets ?
Je n’arrive pas à voir dans plus loin que 6 mois. On laisse les choses redescendre après chaque album, pour se reposer et se ressourcer en Bretagne. Je pense qu’on va  continuer de composer, et de tourner. J’ai aussi des envies de cinéma que j’aimerais bien développer dans les mois qui vont suivre. On verra. Il y a plein de possibilités.

Un seul et unique mot pour nos lecteurs ?
Youpi

Un mot pour Etienne qui nous a aidé à préparer cette interview ?
Coquin

Gautier Réjou, Cédric Hamer Pour Maisonhate
Merci à Etienne Labbouz qui nous a assisté sur cette interview

Prochaines dates de tournée:

[ 27.02.15 ]MONTPELLIER – Rockstore
[ 28.02.15 ]TOULOUSE – Metronum
[ 05.03.15 ]LILLE – Aeronef
[ 06.03.15 ]RENNES – Antipode
[ 06.03.15 ]RENNES – L’Antipode

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