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Rencontre avec Jeremy Mondon a.k.a Demon, digne héritier de la french touch

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Après un long moment passé à l’écart de la scène électro française, Demon revient avec un nouvel EP « City ». Fidèle à ses influences de toujours, loin du tumulte des nuits parisiennes, Jeremy Mondon a.k.a Demon nous a reçus dans son studio du 13ème arrondissement de Paris.

Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours dans la musique ?
J’ai commencé à faire de la musique très jeune, vers 14/15 ans, en faisant mes premières compo. J’ai toujours su que j’étais fait pour ça. Au début, j’étais à fond dans le hip-hop, avec mon premier groupe qui s’appelait Symbiose, avec qui on a sorti un premier album en 1990. Pour moi c’était comme l’aboutissement du parcours de notre groupe d’ados. Parallèlement, je sortais mon premier album sous le nom de Demon.

Comment as-tu découvert l’électro ?
Ça s’est fait un peu sur le tard. Avec l’avènement de la French Touch notamment : I :Cube, Motorbass… quand je les ai découvert, ça été un électrochoc. Je me suis rendue compte que ces mecs-là utilisaient des samplers, comme je le faisais moi-même dans le hip-hop, mais sans les rappeurs, ce qui finalement m’arrangeait pas mal en terme de liberté de création. J’ai flashé. Je me suis dit que ça pouvait bien accrocher. Et par la suite, j’ai découvert la techno de Détroit, la house de Chicago, c’est ce moment que j’ai commencé à comprendre la culture dans son ensemble.

Est-ce que finalement ça n’a pas été difficile de passer du hip-hop à l’électro ?
Au contraire, ça m’a semblé hyper simple. D’un seul coup il n’y avait plus de code à respecter. J’avais à peine une vingtaine de disques house que j’adorais, j’ai pu créer mon propre son, sans contraintes. Comme je ne connaissais pas vraiment le clubbing, je n’avais aucune pression, j’avais toute la liberté nécessaire pour me faire plaisir dans ma production.

En 2 000, ta carrière prend un nouveau tournant avec le morceau« You’re my high » qui a eu un énorme succès, comment as-tu appréhendé ça ?
Ca été progressif finalement puisque le premier EP est sorti en 1997 avant l’album sorti en 2 000. Et le morceau « you are my high » est sorti après le premier album. En tournant pour le live, pour la promo de l’album je me suis rendu compte qu’il manquait un morceau « rassembleur », un lien, une connexion. Ce morceau s’est fait hyper spontanément, je suis rentré chez moi entre deux soirées, je savais déjà ce que je voulais.

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Est-ce que tu t’attendais à un tel retour ?
Quand tu fais un morceau, tu sens toi-même ce qu’il va se passer. Tu fais ce que t’as à faire et finalement ce sont les morceaux les plus simples et les plus spontanés qui marchent.

Pour la petite l’anecdote, j’ai trouvé la gimmick en une journée, et je l’ai retravaillé pendant deux semaines. A l’époque j’étais le voisin de Quentin Dupieux (Mr Oizo), je lui ai dit «  écoute ça, j’ai trouvé mon « Stardust » ». A ce moment-là je savais déjà qu’il y avait du potentiel. A la base, le morceau était dédié uniquement au live, et finalement ça a bien pris donc on l’a sorti en vinyl, le vinyl à bien pris aussi. Etape par étape.

Après cette période-là, celle de l’avènement de la French Touch, tu as un peu disparu de la scène électro, tu t’es consacré à d’autres projets ?
Professionnellement, j’ai eu un parcours assez logique mais pour la perception des gens, c’était insuivable. Mon premier album était très électro, le deuxième plus hybride avec un mélange d’électro, du hip-hop & du r’n’b, c’était au début de l’époque Timbaland, qui m’a beaucoup influencé. J’ai aussi fait des productions dans le rap pour 113 et La Rumeur notamment.

Quelles sont tes principales influences musicales ?
Je ne suis pas dans les catégories. Ce qui m’amuse justement c’est de jouer tout le temps avec ça et de faire des références multiples, de sortir un peu du lot. Il y a des choses intéressantes dans toutes ces musiques. Dès que j’aime les notes et le son j’y vais, j’aime bien mettre dans mes sets des choses qui a priori ne sont pas faites pour être ensemble. Grâce à mes expériences personnelles, j’ai aussi aujourd’hui un groove que je n’avais pas forcément avant, j’aime bien casser les rythmes de la house normal, mais en ajoutant quelque chose de plus saccadé. Mais je ne suis pas le seul à faire ça, regarde Stromae ou Diplo.

Parles-moi de ton EP « City » ?
« City » c’est la première sortie de l’album, qui s’appelle « EYES ». Cet album est un concept, à la fois audio et visuel, dont l’univers tourne autour de l’œil que je vais dévoiler de plus en plus maintenant.

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Qu’est-ce que tu attends de ce nouvel album ?
Ce sera un album plus house, même si je n’aime pas vraiment le terme. Il ressemble à « Midnight funk », mon premier album. Pas forcément dans l’univers mais dans l’homogénéité. Ce sera un vrai album de musique électronique. Ce que je veux, c’est que tu puisses écouter cet album en live, en club et faire la fête, l’écouter dans le RER avec ton casque en regardant la pluie, sans zapper les morceaux. Comme une œuvre complète.

Est-ce que t’as des scènes de prévues ?
Je joue le 11 Janvier au Wanderlust, avec Toxic Avengers et Pouvoir Magic. Pour la suite, je compte préparer un live, mais ça prend beaucoup plus de temps. Il faut y mettre de la matière, de la technique pour que le public puisse se rendre compte de l’instantanéité de la production. Je ne veux pas donner l’effet d’un truc préprogrammé. Donc ça se prépare.

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