Interview Charlotte Gainsbourg
Il est des personnages mythiques, emprunts d’un certain mystère et d’aura, qui nous impressionnent plus que d’autres. C’est ainsi que quand MaisonHate a pu être accrédité pour interviewer Charlotte Gainsbourg lors de son passage à Montpellier pour la tournée de son album « Stage Whisper », notre sang n’a fait qu’un tour. Comment allait on pouvoir assurer devant cette magnifique artiste, aussi bonne comédienne que musicienne, dont nous avons adorés les opus et dont certains films ont bercés notre enfance. C’est donc « tout penauds» que nous nous sommes rendus à cette interview avec la plus adorable des stars, qui allie aussi bien des tournages avec les plus grands réalisateurs internationaux que des albums aboutis aux collaborations impressionnantes.




Vous faites rarement des tournées, qu’est ce qui vous a donné l’envie de repartir avec cet album ?
Ma première tournée date de 2010, et j’avais vraiment dû prendre sur moi pour oser la faire car je m’étais mis beaucoup de pression. J’aborde celle-ci de manière beaucoup plus légère car finalement peu de temps s’est écoulé depuis la dernière tournée.J’ai eu la chance en sortant l’album live de pouvoir y intégrer suffisamment de nouveaux titres, ce qui me permet de remonter sur scène. Même si ce n’était pas un album à part entière il y avait quand même 8 nouveaux titres, et la rencontre avec Connan Mockasin, qui a été pour moi une inspiration pour cette tournée, m’ a encore plus motivée. Sans lui je ne l’aurais peut être pas faite. On avait tellement répété pour préparer Taratata et un petit concert pour Canal+ qu’il me paraissait évident que l’on ne pouvait pas s’arrêter là. Je n’ai pas fait beaucoup de dates en France lors de la dernière tournée, et fin février, un peu à la dernière minute, on a décidé qu’on allait partager la scène à deux. Tout s’est mis en place très rapidement car car je n’avais que deux mois de disponible avant cet été.
Sur les 11 titres de l’album comment avez vous fait pour choisir ceux que vous alliez jouer en live ?
Je voulais surtout jouer les nouveaux morceaux et éviter de reprendre les titres que j’avais déjà joués en live. J’ai également pioché trois chansons dans mon premier album, album que j’avais fait avec mon père et que je ne pensais pas pouvoir rechanter un jour. N’ayant jamais fait de live à cette époque, je n’avais jamais chanté ces titres. Ca me touche beaucoup de revoir ces textes, même si ce sont ceux d’une très jeune fille, comme j’étais adolescente à l’époque. Je ne sais pas si les gens connaissent bien cet album-là hormis les duos ou Elastique, qui ne sont pas celles que je reprends. Ce sera peut être pour eux l’occasion de le redécouvrir.
Les critiques de l’album sont excellentes et unanimes. Pensez vous que cela est dû au fait que l’on vous sente plus à l’aise et plus en confiance avec vous-même ?
Je pense que je me pose un peu moins de questions du point de vue légitimité par rapport à l’album précédent et à sa tournée. Je ne me demande plus si je vais réussir à monter sur scène, si ma voix va suffire, et je n’ai plus peur d’être peu de chose sur scène. Face à un public, je me suis rendu compte que les gens n’attendaient pas de moi une image incroyable que je devais atteindre, que les choses étaient relativement simples, et que n’avais pas à jouer quelqu’un d’autre. Ca enlève beaucoup de stress, c’est un vrai bonheur de pouvoir être soi-même et tant mieux si cela plaît.
Vous avez collaboré avec Air, Jarvis Cocker, Neil Hannon, Beck, et dans ce dernier opus, avec Connan Mockasin. Comment l’avez vous choisi?
Connan Mockasin a un son particulier. Cette collaboration s’est faite par étape : je l’ai d’abord rencontré alors qu’il faisait un titre pour moi, puis je suis allé le voir en concert avec son groupe et je l’ai adoré sur scène. A force de travailler ensemble, on a vraiment eu envie de concrétiser quelque chose et d’aller plus loin. Je lui ai donc demandé s’il pouvait assurer la promo avec moi.
Qui a réalisé le fabuleux clip de « Terrible Angels » ?
C’est Nathalie qui a réalisé ce clip. Elle a parfaitement su illustrer l’atmosphère du titre, un titre sur nos peurs, nos propres angoisses et le fait que l’on est souvent notre pire ennemi. J’ai trouvé ça très rigolo de faire cette chorégraphie où je me bats avec moi même, et j’ en garde un souvenir très amusant.
Il se murmure que votre prochain album sera en collaboration avec Paul Mc Carthney, et qu’il sera beaucoup plus rock. Cette rumeur est elle fondée ?
Non cette rumeur n’est pas fondée. Je lui ai simplement demandé si il voulait bien m’écrire un titre et il l’a fait. Par contre, je n’ai pas encore enregistré ce titre, et je trouve donc dommage que ce bruit ai couru dans la mesure où cette chanson n’existe pas encore vraiment. Concernant la rumeur je ne pouvais pas dire que c’était faux, mais je pense que j’en ai dit plus que ce que je voulais, et les choses se sont emballées. Rien n’assure encore que cette chanson pourra être intégrée dans le nouvel album.
Vous n’avez pas pu vous rendre à cannes pour défendre le film « Confession d’un enfant du siècle », comment arrivez vous à gérer à la fois la tournée et la promotion du film ?
Non je n’ai pas pu m’y rendre cette année, tout simplement à cause de la tournée. N’étant disponible que deux mois avant l’été, je ne pouvais pas attendre les résultats de Cannes pour m’organiser. C’est toujours dommage de ne pas pouvoir défendre un film à Cannes, mais mon planning de tournée était très très condensé.
La musique devient- elle désormais une priorité pour vous ou est-ce au même plan que le cinéma ?
Je mets la musique et le cinéma sur un même plan. La seule différence est que pour un album studio, il est possible de décaler les dates plus facilement, sauf bien sûre pour une tournée. Je pense déjà au prochain album sans que ce soit vraiment concret. Pour l’instant je n’ai que des pistes, des envies, et je me laisse du temps pour le mettre en place. Les albums je peux les « dispatcher » dans le temps, alors que les tournages ne dépendent pas de moi.
Avez vous trouvé difficile de tourner un film avec un autre musicien tel que Pete Doherty, réputé ingérable ?
Le tournage avec Pete Doherty s’est passé d’une façon tout à fait normale, il a été très professionnel comme tout autre acteur. On m’a souvent demandé si c’est ingérable de tourner avec un rocker, mais dans ce film il s’agissait d’un rôle d’acteur, il n’y avait aucune légende musicale à emmener sur le plateau, tout s’est donc bien passé.
Charlotte Gainsbourg, par sa gentillesse, son accessibilité, sa simplicité d’accès et son tact a su nous mettre très à l’aise dès le début de l’interview, et le soir même nous a ébloui dans un concert extraordinaire avec Connan Mockasin dont nous nous souviendrons longtemps.
Interview réalisé par Cédric Hamer et Gautier Rejou pour Maisonhate. ©photos MAISONHATE




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