Interview Krazy Baldhead (Ed banger) chez Because music
Après « The B Suite » sorti en 2009, Krazy Baldhead, musicien multi –instrumentaliste et petit géni de l’électro, nous présente son nouvel album The Noise in The Sky, dans les bac le 10 Avril.
Il a reçu Maisonhate par un mardi ensoleillée dans le jardin de Because Music, pour nous en dire un peu plus sur cet album enivrant qui oscille entre musique contemporaine et funk 70’s. « The Noise In The Sky » place désormais, (et tout à fait légitimement), Krazy Baldhad comme le lien inévitable entre Herbie Hancok et Amon Tobin.
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Ton nom d’Artiste te vient-il de la chanson de Bob Marley « Crazy Baldhead », étais-tu un fan de Bob dans ta jeunesse ?
Bravo, il y a peu de monde qui trouve la référence. Non je ne suis pas un fan en soit mais je trouvais amusant le côté décalé entre Bob Marley et ma musique alors qu’il n’ y a pas forcément un lien. Cela me faisait d’autant plus rire que dans le morceau, les Crazy Baldhead étaient des gros pourris, des gros politicards véreux de la Jamaïque : vraiment aucun point en commun avec moi et mon univers.
Pour la petite histoire, quand j’ai envoyé ma première démo à Pedro Winter, j’avais un autre nom qui était « Shuuuut ». quand il m’a contacter il m’a demandé si c’est moi qui avait envoyé ça car il y a avait un autre artiste qui s’appelait shut et qui avait déjà sorti plusieurs morceaux. Du coup on a du trouver très vite un autre nom d’artiste et j’ai dit Krazy Baldhead comme ça et on l’a choisi. Ca a failli être Michael Breacker aussi.
Depuis tes débuts chez Ed Banger tu as sorti peu de choses, est- ce une volonté de ta part de te faire rare ?
Non ce n’est pas une volonté de ma part de me faire rare du tout, en plus j’ai sorti dans la même période j’ai sorti un album sur un autre projet et il faut du temps pour faire tout ça.
En fait au regard des autres artistes de Ed Banger, j’ai sorti à peu près le même nombre d’albums et de maxi, Justice n’en a fait que 2, Mister Oiseau 2 aussi, les autres n’ont pas forcément tous sorti des albums. Ils ont sorti plus de Maxi que moi, mais le Maxi n’est pas ce que je préfère faire, et à chaque fois j’essai de faire quelque chose d’un peu dance-floor et ça me bloque. Je préfère m’exprimer sur les albums, créer 15 titres même si on n’en garde que 12 à la fin.
Comment décrirais tu ton album en quelques mots ?
Je dirai que cet album est éclectique, un peu vintage et un peu Groovy. Je dirais chaleureux aussi.
So-Me crée toutes les pochettes du label Ed Banger, et sauf erreur de notre part ce n’est pas le cas pour The Noise In The Sky. Vous avez fait appel à qui ?
Cette fois-ci, la pochette est l’œuvre de Spin Macho, des canadiens qui font des choses un peu bizarres et décalés . Avec Pedro on cherchait des gens un peu différents et j’ai particulièrement aimé leur travail. En plus, à ce moment-là, So-Me n’était pas disponible. Le label a aussi la volonté de se diversifier et de ne pas figer les choses et de ne pas avoir d’automatisme. Tu remarqueras aussi que la pochette de l’album de Sébastian n’est pas non plus une création de So-Me.

Est- ce la même personne qui a fait le fabuleux clip du titre Surabaya Girl et la pochette de l’album ?
Non, Le clic a été fait par Flash-Breaker, un dj réalisateur qui habite à Paris. Je recherchais quelqu’un de polyvalent pouvant à la fois faire le clip et les vidéos pour les Live. Je lui ai proposé l’idée du moulin à vent. On a traversé tout Paris avec le moulin à vent. Ce moulin à vent est en quelque sorte devenu l’emblème de l’album, et du coup maintenant on s’en sert pour la promo et on en a une caisse pleine qui va nous suivre pendant toute la tournée.
Penses tu que tes dix ans de conservatoire font de toi une sorte de technicien de la musique au regard de beaucoup d’autres artistes électro qui ont débuté sans formation ?
Sans parler des autres artistes d’Ed Banger,
Grâce au conservatoire, j’ai une vraie connaissance des instruments classiques, rock, … ce qui me permet de les intégrer plus facilement dans les morceaux, de savoir comment ils réagissent, comment poser le son d’une batterie d’après ce que l’on recherche par exemple. Pour autant, comme tout les autres, dans un contexte électronique, on n’a pas pris de cours : ce qui m’aide c’est mon côté Geek.
Par ailleurs, le côté conservatoire peut être à double tranchant dans la mesure où ça apporte des connaissances musicales solides, mais en même temps, ca peut parfois te brider. On t’y apprend par exemple que quand tu fais un accord de do majeur il ne faut pas faire un la bémol, et c’est tellement dans ta tête que quand tu vas faire cet accord là, tu ne va pas jouer la note. Les gens qui n’ont pas fait le conservatoire sont beaucoup plus libres et ne s’interdisent rien. Le conservatoire permet de connaître la théorie et de savoir que tel accord vient bien après tel autre. Je pense que le mieux est de tout apprendre pour tout désapprendre derrière.
Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton projet parallèle, DONZO, dont tu es à la fois producteur et créateur, et qui est un mélange de musique Malienne et d’électro ?
Ce projet remonte à environ 6-7 ans Au départ, ça a commencé grâce à mon voisin de pallier. Il était parti quelques années au Mali apprendre la musique du Chattar, et à son retour en France j’entendais régulièrement le bruit d’un instrument qui ressemblait à peu près au Gaffophone de Gaston Lagaffe. Un peu intrigué je suis allé le voir et je lui ai proposé de travailler ensemble sur un projet. Dans un premier temps, ça n’a pas été évident d’associer nos musiques et on a un peu galéré. On a essayé sur de la Jungle, du Hip Hop… , puis le secret a été de prendre des rythmes maliens qui existaient déjà et d’en faire des rythmes plus électro, mais toujours dans l’optique des musiques traditionnelles. Une fois que l’on a réussi à faire une trame qui tenait la route, il m’a présenté deux de ses amis, l’un chanteur et l’autre guitariste, et le groupe s’est mis en place. On a sorti le premier album DONZO en 2010 chez Comet Records., et je finis mon deuxième album en ce moment qui devrait sortir pour Octobre, toujours chez Comet Record. On est allé à Bamako en Janvier dernier enregistrer les musiciens maliens. Ce côté musique traditionnelle donne l’impression d’être en transe avec des sons qui tournent en boucle pendant 20 mn. C’est quelque chose de très fort. Ce projet différent me tient vraiment à coeur.
On a entend très souvent l’expression « le joyau le mieux gardé d’Ed Banger » a propos de toi…
Comment réagi tu par rapport à ça ?
Ce que je peux dire c’est que les artistes que j’ai toujours aimés ont surtout été sur des labels très peu connus ou les artistes étaient eux même peu connus. Après si j’étais sur le label Warf je ne paraitrais pas aussi différent. Cela ne me dérange pas vraiment d’être de ne pas être trop exposé. Il y a certaines personnes plus exposées dans le label comme par exemple SEBASTIAN, JUSTICE… On parle moins de moi, mais j’espère que ceux qui parlent de moi pensent que je fais des choses bien. Je fais des choses très peu accessibles pour un label comme Ed Banger et c’est peut être pour cela que l’on m’a collé cette étiquette.
De ces presque 10 ans chez Ed Banger, quel bilan en tires-tu ?
Ca a vraiment été une super belle aventure. Quand Pedro m’a sorti mon disque, j’étais super heureux, et en plus par le manager de Daft Punk… Puis en 2008, le label a complètement explosé et je me suis retrouvé un peu en première ligne car j’avais sorti 2 Maxi qui n’avaient pas trop mal marché,. On a voyagé un peu partout, c’était quelque chose de dingue.
Pedro a construit le label au fur et à mesure de façon très humaine. Chacun a sa place, il ne fait pas de calculs pour nous mettre en concurrence. Il a su garder au label un côté fun, et on est aujourd’hui tous très liés, même si on n’arrive que très rarement à se retrouver tous ensembles du fait de notre exposition.
Peux tu nous dire tes dates de tournées prévues avec l’album The Noise in The Sky ?
Les dates de tournées : la Release Party au Nouveau Casino, avec Tropic qui a fait un remix pour mon précédent single, Scientist qui va venir mixer et moi je serait en live.
Je serai à la Gaité Lyrique pour le Record Store Day peu de temps après, puis j’assure des dates à Nancy, Londres, Toulouse…
Je serais aussi sur plusieurs festivals dont Plage Electroniques à Cannes. Les autres dates sont en train de se caler. Je pense retourner jouer à l’international comme pour l’album précédent.
Aurais-tu un dernier mot pour nos lecteurs ?
Un dernier mot ???… J’ai toujours eu du mal avec le dernier mot… Non, je préfère que les mots continuent et ne s’arrêtent jamais.
Un album qui se dégustera comme du caviar, et qui vous fera faire un petit détour dans un Détroit 70’s, vintage, jazzy et psyché. Du grand Art…
interview Gautier Réjou et Cédric Hamer pour Maisonhate












