Interview Kap Bambino chez Because music
Un jeudi soir au Chacha, un bon DJ set de Sayem, Chateau marmont et Caro du groupe Kap Bambino, Paris Dernière dans les parages, et un petit coup de flashback…. Pour moi Kap Bambino me rappelait un passé pas si lointain, mais si bon, underground et fun à Bordeaux à Londres. La nostalgie des apéros au « Petit Salon », Max, Gislène, le Zoobizarre qui n’est plus, l’inauguration du Saint Ex, Coralie, Stéphane, Thibault, Carole, Charlie, Le Café Pompier, leurs premiers vinyles en vente chez Martial au Total Even.…, ,pour CM Kap Bambino incarne un futur incomparable et unique, détonnant et plein de surprise. Maisonhate est allé à leur rencontre au siège de Because Music, pour une interview, cool comme on les aime, avec l’envie farouche de vous faire découvrir ou redécouvrir ce couple étonnant, sympathique au son follement décalé.
Leur nouvel album DEVOTION sort dans les bacs le 5 Mars prochain.
http://www.dailymotion.com/video/xjoul6
Comment vous êtes vous rencontré et qu’est ce qui vous a donné envie de travailler ensemble ?
Caro : On s’est rencontrés en 2000, et vers la fin de l’année on a commencé à se poser des questions sur notre musique et la façon de la faire circuler. On ne savait vraiment pas comment s’y prendre, on était des « kids ». En 2001, on a eu l’idée de monter notre label, on n’avait aucune subvention, on a commencé à se renseigner pour savoir où on fabriquait des disques vinyles en Europe. L’aventure a commencé comme ça. On a monté notre label wWilco, on a fait l’auto prod, et on a sorti 2 maxi : un de 4 titres sous Kap Bambino, où Orion était tout seul et un de Beffroi, un pote qui faisait aussi de la musique.
En 2OO2, pour délirer j’ai chanté un peu sur le projet Kap Bambino de Orion (oui on peut dire que je me suis incrustée), et on s’est bien éclaté. On a trouvé que ça fonctionnait pas mal et on s’est dit pourquoi pas essayer de faire une maquette reprise voix et si ça nous plait on n’a qu’à le sortir. Mais à la base Kap Bambino, c’était Orion seul.
Orion : Au départ pour moi Kap Bambino était juste un projet de 4 titres avec juste ma voix dessus, alors que j‘avais un autre projet plus conséquent à côté. Puis après on a décidé de laisser tomber l’autre projet et de s’investir complètement sur le projet Kap Bambino. Au début c’était à l’arrache, plus un délire entre potes. On ne pensait même pas à faire de concerts. A l’époque, Myspace ou les plateformes internet, ça n’existait pas, il n’y avait pas non plus toute l’influence des blogs. C’est pourtant pas si vieux, mais l’usage d’internet et de ses possibilités n’étaient pas aussi développé.
Combien de temps vous a t’il fallu pour élaborer cet album ?
Cet album nous a pris entre un an et un an et demi. On avait tourné pendant deux ans et demi « non stop », et on avait vraiment envie de refaire de la musique. C’ est pour ça qu’on s’est installés à Londres. On a vraiment pris le temps de se poser dans notre « piaule », dans le « ghetto » de Londres, à fumer « clopes sur clopes », plutôt que de se le faire en « Geek » sur nos laptops dans les hôtels ou les aéroports entre deux avions. On s’est quand même reposé, même si on continuait à jouer trois ou quatre fois par mois.
Pourquoi avoir choisi le nom DEVOTION pour cet album ?
C’est pour montrer qu’on est toujours là à 200% depuis 2001, depuis wWilko, Kap Bambino etc. …, on continue à fond. Notre musique est devenue comme une espèce de religion…d’auto religion pour nous.
Quel titre préférez vous dans cet album ?
Caro : Ah c’est dur ça… chaque titre a des raisons différentes, c’est vraiment difficile. On ne peut pas en choisir qu’un. Peut être dévotion, pour moi je trouve qu’il rassemble tout l’esprit de l’album…
Orion : mais après on aime tellement les autres morceaux aussi que c’est vraiment difficile de choisir.
Au niveau de la prod, comment fonctionnez vous, est-ce Orion qui s’occupe seul de tout produire et tu poses ta voix dessus ou faites-vous tout ça à deux ?
Caro : Comme volontairement on ne va pas en studio et que l’on fait ça de la maison, du coup on fait pas mal de choses ensemble. Parfois j’entends sa musique et j’écris dessus. Orion s’occupe plus de la prod, mais comme on travail ensemble sur nos laptops on se donne notre avis et on avance comme ça.
Orion : Oui à la base je m’occupe plus de la prod, mais on travaille vraiment ensemble. Le fait de se donner nos avis complète notre travail et on avance bien à deux.
Selon vous, quelles sont les différences majeures entre l’album précédent et celui-ci ?
Caro : On ne sait pas trop quoi dire comme on n’a pas de style particulier, c’est un nouvel album. On était dans l’optique de créer des nouveaux sons, on raconte une histoire différente sur chaque disque, même si par rapport au texte on ne fais pas, par volonté, un chant FM avec des paroles bien claires c’est quand même une nouvelle histoire. Blacklist c’était il y a 3 ans, donc forcément on a évolué, mais après on reste Kap Bambino. Nous, on n’a pas de stratégie, on reste nous-mêmes, fidèles à notre esprit. Même techniquement, comme on travaille tout les deux on ne s’éloigne pas trop de ce qu’on fait. On n’arrive pas pour l’instant à faire travailler quelqu’un avec nous pour notre projet. Par contre pour ce qui est de travailler avec les autres on a pleins de trucs, «de » side projects », de set, de remix…on adore ça. Mais pour ce qui est de laisser quelqu’un rentrer dans notre univers à nous, c’est plus compliqué. Même au niveau en studio, si on a affaire à un technicien et que ça ne concerne pas notre musique, on a du mal. On a tellement l’habitude de travailler tous les deux et de tout gérer qu’on y arrive pas. D’un autre côté nous on n’a pas changé de vie, et notre musique nous correspond. Je pense que c’est aussi ce qui fait notre force. C’est comme ça dans tous nos morceaux, c’est ce qui nous porte chance. Si un jour on a envie de faire autre chose ou si on veut carrément faire du « Mainstream », on ne fera pas Kap Bambino. Il faut aussi être entier pour faire notre genre de musique, alors si tu veux passer à la radio ou faire un truc plus « easy listening », tu fais pas ça quoi !!
Orion : On se renouvèle tout le temps. Tu vois ceux qui font le même son pendant 10 ans, après on n’entend plus parler d’eux. Nous notre optique est de faire la musique sur du long terme et durer. Donc on essaie de se faire plaisir, d’évoluer, on espère que ça plaise à notre public et on espère en conquérir d’autre, je ne vais pas te mentir. Mais on ne va pas essayer de surfer sur des styles, car je pense qu’on a inventé notre style et on est bien à notre place. On fait ce qu’on sait faire, voilà.
Pourquoi être parti vivre à Londres, plutôt qu’à Paris ?
On a eu l’occasion de partir là bas, avec des potes pour faire une coloc, et on voulait y faire un groupe. En plus on a énormément d’amis là bas, et bizarrement on trouve qu’il y a un côté beaucoup plus bohème à Londres à New York à Berlin ou même à Bordeaux qu’à Paris. Je trouve qu’on y a plus facilement l’opportunité de faire des choses et de monter des projets dans un esprit plus libre et plus décadent qu’à Paris. Après c’est peut-être une vision qui est erronée parce qu’on ne connaît peut être pas suffisamment Paris.
Dans quels lieus sortez-vous en générale à Londres ou à Bordeaux ?
A Londres, nous on aimait bien rester dans notre « ghetto » dans East London, au Macbeth sur Hoxton Street, au Old Blue Last sur Great Eastern Street, Le Xoyo, un nouveau club sur Crowper Street, dans le même coin, au Birdcage si tu veux voir des vieux anglais à l’accent « Cokney » boire de la bière et si tu veux danser sur les tables comme moi. Sinon on allait souvent au Pub Georges notre petit « Local » (troquet du coin).
A Bordeaux, il y a Le café pompier qui est un lieu où on organise des soirées, on y fait venir des groupes de partout dans le monde, le Wonder Bar, le Saint Ex, L’hérétique. Ce sont les 4 lieux les plus sympas. Bordeaux c’est un peu un concentré de Shoreditch (East London), mais en France. C’est une ville ou tu peux être dehors du lundi au dimanche avec des concerts dans un petit bar tous les soirs.
J’ai eu le plaisir de vous voir jouer à Montpellier au Rockstore pour la soirée « My life Is a Week-end »…vous préférez plutôt jouer dans de gros festivals ou dans des petites salles underground ?
Y’ a pas photo nous on préfère des petites salles. Dans les festivals en général t’es loin du public, tu as moins d’interaction. Après nous on est toujours surexcité quand on fait un concert donc on est à fond.
Vous partez en tournée avec cet album ?
Oui en Mars on tourne en France, en Avril on tourne en Europe, en Mai Juin on tourne en Amérique et en Amérique du Sud, et pour les autres dates, c’est en train de se caler en ce moment.
Réalisé par Cédric Hamer & Gautier pour Maisonhate













