MINUIT A LONDRES, un 31 décembre… – MAISONHATE
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MINUIT A LONDRES, un 31 décembre…

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« Vintage burlesque and cabaret party night in London » le site indique sobrement le thème de la soirée. Le dress-code est plutôt précis : 20′s-40′s, Marlene Dietrich et Louise Brooks pour les filles, Great Gatsby pour les hommes.

Le bar est une taverne de Whitechapel, plus que centenaire, poussiéreuse et délabrée à souhait, cachée de la rue – en bon speakeasy – par des vitres opaques dont s’échappent des volutes de swing. En entrant, on se fait tamponner par une ouvreuse en corset. Le videur, qui ressemble à un homme de main d’Al Capone, vérifie discrètement que l’on ne porte pas de jeans et de baskets.

A l’intérieur, le thème est respecté : des filles à plumes, à chevelure ondulée, à colliers de perles, gants remontant jusqu’aux coudes et fumes cigarette, emmenées par des gents gominés à fine moustache, en trois-pièces rayés, en tuxedos à nœuds-papillons blancs et uniformes de la British Army. Une faune hétéroclite à l’extravagance vintage, tout droit sortie de « Cotton Club » de Coppola. La musique est assurée par un groupe de jazz burlesque en bretelles et chapeaux melon, The Bohemianauts, qui font swinger façon Dixieland la foule abreuvée de champagne.

L’hôte, qui veille sur cette soirée « irrévérente, décadente, sexuellement ambivalente et dissolue » (sic), est le Baron Von Sanderson, un dandy aux manières exquises, qui, vers deux heures, convie ses invités au grenier du premier étage, annonçant deux danseuses pour un spectacle de striptease (d’effeuillage) à quatre mains (à quatre seins), qui n’aurait pas juré dans le Pigalle des Années Folles.

La soirée bat son plein jusqu’à l’aube, on oublie de regarder l’heure tant on est en dehors du temps. Exactement comme le personnage d’Owen Wilson dans Minuit à Paris, de Woody Allen, on est déçu de se réveiller au XXIe siècle. En l’occurrence, le premier matin de 2012.

Texte : Jack Ladybird
Photos :  Die Freche Muse